- Sénatrice Amina Gerba
- Sénat
- Afrique
Sénatrice Gerba : les marchés africains peuvent réduire la dépendance du Canada envers les États-Unis
Dans une lettre d’opinion republiée par le Sénat, la sénatrice Amina Gerba soutient que la crise tarifaire est le moment de miser sur l’Afrique, en citant le Japon et l’Italie en exemple.
Alors que le différend tarifaire canado-américain s’envenimait au début de 2025, la sénatrice Amina Gerba a plaidé que la dépendance du Canada envers un seul client était devenue un risque stratégique. Sa lettre d’opinion, publiée le 18 mars 2025 dans Le Devoir (et en anglais dans la Montreal Gazette), a été reprise par SenCAplus, le magazine du Sénat, le 1er mai 2025.
Son point de départ est un constat chiffré : selon elle, 75 % de ce que le Canada exporte dans le monde le lie à un seul client. Sa conclusion est sans détour.
« Nous devons nous y engager fermement. Ce sera difficile et coûteux. Il nous faut réussir. »
Pourquoi l’Afrique, et pourquoi maintenant
La sénatrice Gerba met en avant la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qu’elle décrit comme un marché unique de 54 pays et de plus de 1,3 milliard de personnes, appelé à atteindre 2,4 milliards d’ici 20 ans. Selon elle, l’accord stimulera le commerce intra-africain et l’investissement étranger direct, et le Canada doit intensifier ses relations financières et commerciales avec les pays africains, dans la foulée de sa nouvelle Stratégie pour l’Afrique.
Deux modèles du G7
Plutôt que de tout réinventer, elle invite le Canada à s’inspirer de deux partenaires du G7 :
- Le Japon, qui organise depuis 1993 la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD), une plateforme de mise en relation entre entreprises japonaises et pays africains.
- L’Italie, dont le plan Mattei comprend un fonds pour la croissance et la résilience africaines, coinvesti avec la Banque africaine de développement, doté d’un budget quinquennal de 400 millions d’euros (près de 625 millions de dollars) et ciblant la sécurité alimentaire, les PME et les infrastructures durables.
« L’Afrique dispose enfin des leviers d’accueil pour le capital et l’entreprise. Ne soyons pas les seuls à nous priver de cette conjoncture favorable. »
Pourquoi c’est important pour la communauté CACT
Le texte fait passer l’Afrique du dossier de l’aide à celui de la diversification — le virage que la stratégie fédérale prétend amorcer. Pour les entrepreneurs de la diaspora qui font déjà circuler biens et services entre le Canada et les marchés africains, les exemples japonais et italien sont une référence utile : tous deux combinent une capacité de rassemblement politique et un instrument de financement. C’est précisément ce que la sénatrice Gerba allait continuer de réclamer en comité au cours de l’année suivante.
Sources
Tous les faits de cet article proviennent des sources ci-dessous. Les citations sont reproduites telles qu’elles figurent dans ces documents.
- Le marché africain peut libérer la dépendance du Canada sur les États-Unis : sénatrice Gerba
SenCAplus (Sénat du Canada) · 1 mai 2025 · Version anglaise
Analyse éditoriale du CACT. Il ne s’agit pas d’une publication officielle du gouvernement du Canada, du Sénat ou d’EDC.