- EDC
- Sénat
- Afrique et Caraïbes
La présence africaine d’EDC sous la loupe du Sénat
Un seul bureau, environ 1 % des affaires facilitées : ce que le Sénat a appris sur Exportation et développement Canada en Afrique, et la comparaison avec les Caraïbes et l’Amérique latine.
Exportation et développement Canada (EDC), l’organisme fédéral de crédit à l’exportation, offre aux exportateurs et investisseurs canadiens du financement et de l’assurance qui permettent d’absorber une partie des risques à l’étranger. Le rapport sur l’Afrique publié en décembre 2025 par le comité sénatorial des affaires étrangères consacre une section à la part de cette capacité qui atteint réellement le continent — et conclut qu’elle est insuffisante.
Ce que les sénateurs ont entendu
- EDC n’a qu’un bureau en Afrique, à Johannesburg. L’organisme y a officialisé sa représentation le 28 octobre 2015, en ciblant d’abord le Ghana, le Nigéria et le Kenya.
- EDC a facilité 1,4 milliard de dollars en exportations, en investissements étrangers et en développement commercial pour la région africaine en 2023 — à peine plus de 1 % des 131,4 milliards facilités dans le monde cette année-là.
- En 2024, selon le rapport annuel d’EDC cité par le comité, les affaires facilitées en Afrique et au Moyen-Orient réunis atteignaient environ 2,8 milliards de dollars, soit environ 2,2 % de son portefeuille géographique.
- Joanne Tognarelli, vice-présidente chez EDC, a indiqué aux sénateurs qu’EDC juge certains pays africains moins risqués, sur le plan de l’investissement, que le Mexique.
La recommandation 19 du comité demande au gouvernement de renforcer l’appui à EDC et aux autres instruments conçus pour réduire les risques et approfondir l’engagement commercial canadien en Afrique.
La comparaison avec les Caraïbes
Le résumé du Plan d’entreprise 2026-2030 d’EDC illustre l’écart sous un autre angle. Parmi les affaires facilitées par marché géographique en 2024, 2 779 millions de dollars visaient l’Afrique et le Moyen-Orient, contre 9 208 millions pour l’Amérique du Sud, l’Amérique centrale et les Caraïbes. Le plan précise qu’EDC continuera d’appuyer les entreprises qui exportent vers l’Afrique et le Moyen-Orient, deux marchés appelés à offrir de plus en plus d’occasions aux exportateurs canadiens.
Pourquoi c’est important pour la communauté CACT
Pour les exportateurs issus de la diaspora, le message clé est que la perception du risque — et pas seulement le risque réel — détermine qui obtient assurance et financement. La sénatrice Amina Gerba a depuis demandé que les mécanismes d’évaluation du risque d’EDC soient revus en tenant compte des réalités africaines. D’ici là, les entreprises ont intérêt à considérer EDC comme un premier appel plutôt qu’un dernier recours : le risque varie énormément d’un pays à l’autre, et les responsables de l’organisme eux-mêmes affirment que certains marchés africains se classent mieux que des destinations familières.
Sources
Tous les faits de cet article proviennent des sources ci-dessous. Les citations sont reproduites telles qu’elles figurent dans ces documents.
- Canada-Africa: Seizing a Strategic Opportunity (full report, PDF)
Comité sénatorial des affaires étrangères et du commerce international · 11 décembre 2025
- 2026-2030 Corporate Plan Summary
Exportation et développement Canada
- EDC opens representation in Johannesburg to help Canadian companies sell and invest in Africa
Exportation et développement Canada · 28 octobre 2015
Analyse éditoriale du CACT. Il ne s’agit pas d’une publication officielle du gouvernement du Canada, du Sénat ou d’EDC.